La préparation
Pour préparer une aventure comme le GR20, une planification minutieuse est essentielle. Quand on voyage à deux où à plusieurs, il est important que les rôles de chacun soient bien déterminés. Dans notre cas, comme pour chacun de nos aventures, nous misons sur les forces de chacun : Louis prend en charge l’itinéraire détaillé, ainsi que les aspects pratiques comme les billets d’avion, l’hébergement, la location de voiture, de vélos, de canot (selon), le transport de bagages…
Pour ma part, je m’occupe surtout de la logistique du voyage, c’est-à-dire des détails pratiques, administratifs et matériels. Ceux-ci concernent essentiellement la liste des bagages, les achats de matériel, les assurances, le forfait cellulaire, les vaccins (si besoin), les repas, les collations, faire des lectures sur le pays et ses coutumes, ainsi que sur des récits de d’autres voyageurs.
Les bagages
Un de mes grands défis était d’optimiser le poids de nos bagages. La préparation du GR20 a commencé bien avant les sentiers : elle a commencé dans les magasins, à essayer des sacs à dos. Trouver celui qui épousait notre morphologie était essentiel, car sur ces crêtes corses, chaque frottement ou mauvais réglage peut compromettre la randonnée. Il était donc primordial de choisir un sac à dos parfaitement adapté à chacun: dos réglable et ventilé, ceinture ventrale solide et bretelles ajustées. Sans cela, impossible de porter un sac de 9 à 12 kg sans compromettre le confort ou l’équilibre. Nous avons choisi le Osprey Exos 48L pour Louis et le Osprey EJA 48L pour Julie.

Lors de notre randonnée, ce que nous avons entre autres apprécié de nos sacs à dos c’est l’espace prévu pour la poche d’eau car avec les mains occupées à gérer les bâtons de marche ou à s’agripper aux rochers, nous étions contents de ne pas sortir de bouteille d’eau à tout moment. Nous avons d’ailleurs trouvé bien pratique les attaches sur le devant pour accrocher les bâtons de marche, que nous pouvions rapidement ranger quand nous avions besoin de nos deux mains pour nous hisser entre les parois rocheuses. Une autre chose dont nous ne nous passerions plus, ce sont les poches rapides d’accès pour les collations, la crème solaire, le papier de toilette… bref pour que tout ce dont nous avons besoin dans la journée soit accessible rapidement, sans ouvrir le sac à dos. Comme l’accès à l’eau, tout ce qui est compliqué à sortir durant la randonnée reste souvent dans le sac!
Pour le poids, le sac ne devrait à notre avis ne pas excéder 8 à 11 kilos, sans l’eau ni les repas que nous prenions aux refuges. Les nôtres pesaient 9 kilos pour moi et 11kilos pour Louis. Comme nous avions loué la tente dans les refuges, il suffisait de porter notre sac de couchage et notre matelas. Bon, le matelas n’était pas indispensable car il y en avait déjà un avec la tente. Mais comme j’avais lu que ceux fournis étaient très minces et souvent très usés, je me suis dit que ça valait son poids pour bien dormir. Pourtant, nous réalisons déjà la première nuit que nous le transportons pour rien : la tente est tellement petite que mon matelas ne rentre pas en longueur dedans. De plus, nos journées sont longues, et le simple fait de prendre le temps de gonfler le matelas et de le ranger au petit matin m’a convaincu de ne pas l’utiliser du reste du voyage.

J’aimerais vous partager un petit truc qui pour nous, est devenu indispensable pour l’organisation de nos voyages d’aventure : Les petits sacs. Que ce soit des sacs du genre Ziplock, en tissus ou encore, mes préférés, les petits sacs à légumes réutilisables et refermables de l’épicerie. Je regroupe le matériel par catégories de sorte qu’il soit facile de les retrouver dans notre bagage, sans trop chercher, sans vider tout le sac. Ils sont d’une dimension idéale, sont facilement refermables et on y voit d’un coup d’œil le contenu. Par exemples, comme nous utilisons les douches communes dans les refuges, il suffit de prendre le sac de produits de soins et tout y est pour faire sa toilette. Nous les utilisons aussi pour ranger les collations, les objets pratiques comme le canif, la lampe frontale, la boussole, la couverture d’urgence, etc. Pour nous, l’utilisation de ces sacs est devenue un incontournable car c’est quand même impressionnant le temps, et la patience, qu’on peut perdre en fouillant à la lampe frontale dans un sac de 48L!

L’art de voyager léger
Au-delà du poids matériel, cette aventure sur le GR20 a été une excellente leçon de minimalisme. Sur un sentier aussi technique et exigeant, on comprend très vite que chaque gramme économisé est une victoire contre la fatigue. La réalité, c’est qu’on a souvent tendance à trop en prendre par peur de manquer, alors qu’un sac trop lourd gâche rapidement le plaisir de la marche. Avec le fort dénivelé, autant positif que négatif, les petits extras dans notre sac à dos se font sentir rapidement sur notre dos, nos genoux et sur notre fatigue.
Voyager ‘’léger’’ demande un peu de discipline et de compromis sur le confort matériel, mais le jeu en vaut largement la chandelle. C’est le meilleur moyen pour en venir à oublier la présence du sac à dos…la plupart du temps!

Randonner sur le GR20 est autant un défi physique qu’un exercice de détachement matériel. Revenir à l’essentiel le temps de cette traversée nous a une fois de plus prouvé qu’on a besoin de bien peu de choses pour vivre une aventure mémorable. On repart de l’Île de Beauté le corps fatigué, mais la tête pleine de souvenirs inoubliables et avec une seule envie : chausser à nouveau les bottes pour le prochain sentier.